Lignes sous Hautes Tensions
2010, DNAT design d'espace

Félicitations du Jury

 

Proposition d'installation sculpturale

et lumineuse
 
Ecole Supérieure d'Art et de Design

de Marseille Méditerrannée

Cette réflexion est née de l'attrait pour le détournement des objets industriels. Dans une certaine disposition, ces structures offrent un espace d'expérimentations physiques inédites.
 
Le pylône électrique, colosse de métal, couché au sol, est réduit à une étrangeté spatiale, mais offre une autre réalité de ce que nous connaissons de lui. Il n’est plus inscrit dans ces ponctuations à l'échelle du territoire et ces dessins à la mesure de l'horizon. Dès lors, on peut l'envisager par les différents assemblages qui le composent, l'observer en fragments, manipuler son squelette. Les échelles se côtoient; leur présence physique mise en regard du corps humain concrétise le gigantisme des proportions. On touche du doigt la mécanique du paysage. Celle que d'ordinaire l'on ne regarde jamais, et que, par habitude, on ne voit même plus. La double expression de cet objet, à la fois massif et aérien contribue à son potentiel plastique et la répétition des modules à grande échelle n'empêche pas une forme de légèreté. Démantelés, écartelés, rompus, les pylônes de haute tension révèlent leur paradoxale fragilité.
 
Mais ce géant électrique colporte aussi de hautes tensions sociétales. Accusé de pollutions visuelles et physiques, parfois trop fragile quand les éléments se déchainent, il tend à disparaître peu à peu au profit de l'enfouissement des lignes.
 À l'heure où la question des énergies est un enjeu majeur, ce symbole du confort domestique, montant la garde dans le paysage depuis le milieu du vingtième siècle, mérite notre attention.

 
Le quartier de la Luire a été construit en périphérie de Grenoble dans les années 1970. Il se caractérise par un plan d’urbanisme dit «en peigne». Les grands ensembles côtoient les habitats pavillonnaires plutôt implantés en périphérie du quartier. Dans le cadre d’un projet d’amélioration de la sécurité et de l’esthétique de la banlieue sud de Grenoble, le quartier de la Luire a bénéficié du démontage d’une ligne aérienne au profit d’une installation souterraine. C’est en mai 2010 que le dernier des 7 pylônes concernés a été abattu.
 
Rompus, écartelés, réassemblés, et mis en lumière sur leur emplacement d’origine, les corps des pylônes déchus interprètent avec poésie leur propre souvenir.

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identification du tracé de la ligne démontée grâce à Google Maps

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